
Un des avantages à vivre dans une société culinocentrée, c’est qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à manger . Et, bien entendu, quand ce quelque chose est sucré – très sucré- ça a toutes les chances de faire le buzz dans les cuisines .
C’est ce qui arrive avec les cake pops (de « cake » – on l’aura deviné, et « lollipop » : sucette) : une contraction incontournable quand on se veut à la pointe et au fait de l’actualité gastronomique . Et quand je dis gastronomique, qu’on ne s’offusque pas de l’hyperbole, parce que, dans un sens, tout ce qui excite nos palais peut s’accommoder de l’adjectif en question .
Pour ceux qui s’offusquent, disons simplement que le cake pops, né dans les bas-fonds de nos casseroles, a aujourd’hui gagné tous ses titres de noblesse .
Remontons le temps .
A l’origine, le cake pops était une simple façon de recycler les restes d’un quatre quart délaissé et quelque peu ranci . Mis en miettes, il apparaissait sous une forme régénérée pour devenir à nouveau comestible (faire du neuf avec du vieux, ça vous dit quelque chose ?)
Il perdura ainsi pendant quelques générations, parent pauvre de la pâtisserie, déguisement classé dans les dossiers récup ‘ .
Jusqu’à ce qu’un jour, la fée Bakerella (ça ne s’invente pas !), de son nom terrien Angie Dudley ne décide, dans une émission télévisée, d’y piquer des petits bâtonnets, histoire de ne pas jouer les sales gosses en mangeant avec les doigts .
Et là, célébrité immédiate, engouement spontané du public américain – et dérivatif peu onéreux à la crise des subprimes d’après certains .
Je vous passe les détails, mais l’industrie alimentaire a tôt fait de s’emparer du phénomène, que l’on voit fleurir partout, chez les traiteurs comme dans les pâtisseries, jusqu’à l’incontournable Starbucks .
Phénomène de société, oui quelque peu – toutes proportions gardées- à une époque où organiser un goûter d’anniversaire est un évènement que l’on planifie plusieurs mois à l’avance, à une époque où les trentenaires et plus jouent à Angry Birds sur leurs Androids, où l’on peut accrocher un porte-clé Hello Kitty sur un sac Hermès .
Le cake pops est devenu le must des pots d’entreprise et fait son apparition sur les buffets de mariage .
Et pour booster l’esprit de compétitivité, on les trouve dans les formes les plus inenvisageables, comme un concours de dessins d’enfants faisant irruption dans un monde d’adultes .
Tout compte fait, il y a plus de créativité dans les cake pops que dans le cassoulet par exemple (n’y voyez pas de discrimination anti-landaise, le cassoulet, j’aime aussi) .
Et, pour ne rien vous cacher, j’ai fait mon baptême du cake pops il y a peu, à Chicago, et … j’ai été conquise !
(voir ma recette pour les nul(le)s)
Ah, j’oubliais : vous pouvez faire vos cake pops et les mouler facilement dans mon moule 
en vente sur Attitudesnews, bien sûr











